1. Accueil
La Vierge à l’enfant bénissant
La paroisse de Vernayaz étant consacrée à Notre-Dame de la Nativité, c’est une Vierge à l’enfant bénissant au-dessus du porche qui accueille paroissiens et visiteurs et veille sur le village. Cette statue en chêne de 1m10 de haut est due au sculpteur Gubel de Paris. Pour préserver le bois des outrages des intempéries elle a été recouverte de feuilles de cuivre martelé, patiné, clouté et d’une couche de vernis de plastique transparent. Elle a été bénie en 1963 au terme d’une grande mission prêchée par les révérends capucins Marcel et Joseph-Marie Boitzy sur l’importance de la dévotion à la Vierge Marie.
Porte d’entrée – Le Poisson
La porte d’entrée a une poignée en forme de poisson qui fait écho au poisson au fond la place qui remplissait une ancienne fontaine. C’est un symbole majeur des premiers chrétiens. En grec le poisson se dit « ICHTUS » et les lettres composant ce terme sont les initiales des noms donnés au Christ dans les Ecritures :« Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur ». Le symbole stylisé en forme poisson formé de 2 arcs de cercle servait de code aux premiers chrétiens persécutés contraints de vivre leur foi dans la clandestinité pour se reconnaître entre eux.
Traditionnellement, le poisson est considéré comme la nourriture du Paradis, l’aliment de l’immortalité. Il joue un rôle important dans les récits de l’Évangile ; synonyme d’abondance, il devient signe de la Résurrection.
Des éléments propres à la vie du poisson, nous parlent de la vie du chrétien.
Le poisson est muet : La vie du chrétien n’est pas une vie de revendication. C’est la rencontre de Quelqu’un, Jésus.
La plupart des poissons nagent à contre-courant. Alors qu’il semble normal aujourd’hui de chercher à se justifier, voire à se faire justice, le chrétien, à la suite du Christ, cherche à aimer.
Le poisson n’a pas de paupières, il ne cesse de veiller. C’est l’attitude du chrétien qui attend le retour du Christ dans la Gloire.
Le poisson ne peut pas vivre en dehors de son milieu. Ce milieu, pour le chrétien, c’est l’Eglise. Dans le contexte du Nouveau Testament, la mer, les eaux, représentent la mort et le pouvoir des ténèbres.
Et si nous demandions cette grâce d’être de vrais et fidèles poissons, à la suite du Christ afin d’avoir part nous aussi à sa Résurrection ?
Le bénitier
Le poisson renvoie évidemment à l’eau et pour le chrétien, l’eau du baptême. Dans le porche d’entrée, un élégant bénitier au dessus poli brillant et aux faces en piqué fin donne le ton du mobilier liturgique. Il a été taillé dans la pierre de Fionnay en Vert Bonnat en 1963 par le sculpteur Antoine Claraz à qui l’on doit aussi les fonts baptismaux, le tabernacle, l’autel, et la croix du chœur.
Plonger la main dans le bénitier et faire le signe de la croix avec cette eau bénite nous rappellent notre baptême et que le Christ est l’Eau Vive. C’est l’occasion de rendre grâce à Dieu pour son don ineffable et implorer son secours pour garder dans nore vie le sacrement que nous avons reçu dans la foi.
2. La Nef
La galerie des saints
Un rideau s’ouvre sur un large espace habité par une galerie des saints. Adossés aux piliers qui soutiennent la tribune, les deux apôtres que la tradition chrétienne appelle colonnes de l’Eglise font office d’accueil. La galerie se poursuit sur la droite avec St-Augustin, St-Maurice et St-Joseph.
Saint Pierre
Saint Pierre est représenté comme un homme de forte stature, à la chevelure abondante, portant la barbe. Il tient une crosse dans sa main gauche, symbole de son autorité de Prince des apôtres et premier Pape. Sa main droite serre deux clés : les clés du Royaume des Cieux (qui figurent aussi sur les armoiries du Vatican.) L’une en or symbolise le pouvoir céleste et l’autre en argent, le pouvoir terrestre, en référence à la déclaration de Jésus dans l’Evangile selon Matthieu (16,18-19). « Je te dis que tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux. Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. »
Saint Paul
Saint Paul tient un livre dans sa main droite, symbole de ses nombreuses lettres adressées à ses disciples. Apôtre des gentils, il a voyagé sur tout le bassin méditerranéen pour apporter l’Évangile aux païens. L’épée dans sa main gauche évoque son martyre : il a été décapité à Rome vers l’an 67.
Pierre est la pierre sur laquelle le Christ a bâti son Église, tandis que Paul a consacré sa vie à la diffusion de l’Évangile. C’est en raison de l’importance et de la complémentarité de leur mission que ces deux piliers de l’Église sont célébrés ensemble le 29 juin.
St-Augustin
L’appartenance de notre paroisse au territoire abbatial justifie la présence de cette statue de saint Augustin avec ses insignes épiscopaux, la crosse et la mitre puisqu’il était évêque d’Hiponne. Dans sa main gauche, un cœur enflammé symbolise l’amour divin dont son cœur a été embrasé pour Dieu et le prochain.
L’abbaye de St-Maurice fondée en 515 par le roi Sigismond était à l’origine un monastère. Les moines se relayaient pour chanter sans interruption entre les offices une louange perpétuelle au Seigneur, la « laus perennis ». En 1128 ils ont été remplacés par des chanoines qui ont adopté la règle de saint Augustin. Depuis cette date, c’est la congrégation des chanoines réguliers de Saint-Maurice d‘Agaune qui est en place dans l’abbaye.
Saint Maurice
Saint Maurice est représenté dans son rutilant équipement militaire avec casque et lance. L’inscription « THEBATA LEGIO » sur le rouleau dans sa main droite le désigne comme chef de la Légion thébaine chargée de combattre l’insurrection des Gaulois. Avec ses soldats, tous chrétiens, il refusa de sacrifier aux dieux romains et de combattre leurs frères chrétiens. Ils furent tous martyrisés à Agaune en 303 ; c’était la dernière grande persécution des chrétiens par les Romains et St-Maurice est devenu au fil des siècles un lieu de pèlerinage.
St-Joseph
Bien en retrait dans l’angle, saint Joseph est représenté de façon traditionnelle sous les traits d’un homme âgé portant la barbe. Il tient dans sa main gauche un lys, symbole de sa chasteté et dans la droite sa hache de charpentier. Son visage semble plongé dans une intense méditation du mystère qui l’habite. Son silence est comme une invitation à tourner notre regard vers la Vierge Marie à l’autre bout de la nef.
Baptistère
Ces figures avec la rosace de la façade couronnent l’espace des fonts baptismaux réalisés par le sculpteur Antoine Claraz en 1963. Comme l’autel, il provient d’un bloc de pierre de la région de Fionnay. La base triangulaire finement taillée évoque la Trinité. Le couvercle reprend la forme du triangle et est surmonté d’une magnifique colombe aux ailes déployées, symbole de l’Esprit Saint.
Le Baptême de l’eunuque
Une rosace rayonnante de lumière de 1m50 de diamètre projette un éclairage tant physique que spirituel sur cet espace. Son auteur, Albert Chavaz, avait le souci de respecter l’esprit du lieu pour que l’œuvre s’intègre à l’ensemble de la conception architecturale. Avec son sens de la liturgie et sa connaissance des Ecritures, il a choisi d’illustrer l’épisode du baptême de l’eunuque relaté dans les Actes des Apôtres (AC 8,26-40)
La figure de l’Ethiopien avec sa soif de connaissance n’est pas vraiment différente de celle de beaucoup de personnes que nous rencontrons tous les jours. Combien sont en recherche et ne trouvent personne sur leur chemin pour leur expliquer !
La présentation de l’Ethiopien nous dit la mission même de l’Eglise : l’universalité du salut. Le monde d’aujourd’hui est terre d’évangélisation. Le Christ doit être annoncé à tout le monde. Par sa réponse à l’appel de l’Esprit Saint, l’apôtre Philippe devient le modèle des évangélisateurs.
Dévotion mariale
Au bout de l’allée latérale droite, la Vierge dans une niche coiffée d’un pinacle occupe l’emplacement de l’ancien autel dédié à saint Joseph. Cette construction typique du néogothique constituait le sommet du maître-autel en l’honneur de la Nativité de Notre-Dame qui avait été installé pour la consécration de l’église en 1923 par Mgr Paccolat. Il a été supprimé en 1959 mais on a cependant conservé ce pinacle avec ses encorbellements et ses décorations caractéristiques du 19e siècle, qui fait allusion à la montée aux Cieux, à l’Assomption de la Mère de Dieu. Cet écrin rappelle les retables gothiques à « niche-tabernacle » et met en valeur la figure de Marie. On lui a alors réservé une place de choix en créant une niche au centre du chœur jusqu’à la rénovation de 2008 qui a rapproché des fidèles celle qui conduit à Jésus et qui est présente dans cette église dès sa consécration. L’habile sculpteur a su donner une très belle expression à cette Vierge couronnée portant l’Enfant Jésus bénissant le monde et tenant le globe terrestre dans sa main. La patine, les dorures, l’expression, tout est admirablement réalisé et centré sur l’expressivité de cette Vierge de tendresse. L’élégance de l’élancement de l’ensemble fait allusion à l’Assomption de la Mère de Dieu. Cette œuvre trouve donc sa place dans le couronnement des divers vitraux consacrés à la Vierge et s’offre à la vénération des fidèles.
Adoration eucharistique
Au sommet de l’allée latérale gauche une lampe rouge brille en permanence pour signaler et honorer la présence du Christ dans le tabernacle. Cet espace consacré à l’adoration eucharistique comprend 3 éléments : le tabernacle, le Christ en croix et le pupitre de la Parole.
Le Christ en croix
On ne connait pas l’artiste qui a réalisé cette composition admirable sur le plan de la morphologie. L’étude anatomique est parfaite. Le visage s’inscrit tout à fait dans l’iconographie traditionnelle comportant la couronne d’épine, la barbe et les cheveux longs. La marque des plaies est délicatement signifiée au bon endroit. Finement plié en forme de croix, le linge a presque un côté floral. Une telle élégance dans le drapé surprend par rapport au réalisme de l’ensemble et dégage un souffle de résurrection sur un fond d’une certaine lourdeur.
Le tabernacle repose sur une élégante stèle en Vert Bonnat qui reprend un peu le rythme de la pyramide tronquée avec un petit déhanchement latéral qui dynamise le tout et sert de support pour des fleurs ou une bougie.
Le pupitre
Albert Bochatay a également sculpté un autre chef-d’œuvre, un pupitre liturgique destiné initialement à la présidence. Placé près du tabernacle, il sert désormais de support à la Parole de Dieu. Le socle avec ses fines moulures et ses décorations florales traitées dans un style renaissance met en relief la partie supérieure représentant l’Esprit Saint sous la forme d’une colombe aux ailes protectrices largement déployées.
Ces trois éléments ainsi rassemblés sont particulièrement propices à l’adoration eucharistique. Le Christ qui a donné sa vie pour notre salut est à jamais présent dans notre monde par l’Eucharistie et sa Parole.
Le tabernacle
Cette œuvre d’Antoine Claraz en bronze poli est un hexagone dont la base et le sommet ont une forme pyramidale. La structure évoque des couches minérales, le monde du cristal et le jeu graphique des lignes établit un équilibre entre reliefs et creux. Le pinacle suggère un épi de blé qui renvoie au pain eucharistique et à la parole : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s’il meurt il donne beaucoup de fruit. (Jn 12,20) Symbole de mort et résurrection, cet épi fait le lien avec le grand Christ en croix fixé au-dessus.
Le chemin de croix d’Albert Bochatay
La sainte Cène
A l’occasion du centenaire de la fondation de l’église en 2001 Albert Bochatay a fait don de cettte admirable sculpture représentant la Sainte Cène: le Christ entouré de 4 apôtres. Au centre, debout dans l’encadrement d’une fenêtre ouverte sur le monde, le Christ, dans sa dignité seigneuriale, accomplit le geste de la fraction du pain. A sa gauche, le jeune saint Jean lui adresse un regard plein d’amour, tandis qu’à sa droite, Pierre, pensif, baisse les yeux vers la coupe. Un troisième apôtre fixe le Christ dans une attitude d’écoute et d’interrogation alors que le quatrième se plonge dans la méditation du mystère.
Empreinte d’une sereine gravité, cette composition d’une intense expressivité jusque dans le mouvement des plis des vêtements et de la nappe marque le début du Chemin de Croix et nous ouvre un chemin de foi.
Le chemin de croix
L’artiste taille dans des pièces de chêne carrées de 45cm de côté les quatorze scènes traditionnelles. Il choisit la sobriété en mettant en scène seulement deux ou trois personnages par station. Il centre ainsi notre attention sur l’essentiel: le Christ dans sa rencontre avec les hommes. Il s’agit bien là d’une oeuvre de foi: l’artiste imprime à chacun de ces épisodes une telle puissance d’évocation qu’elle nous amène à dépasser le réalisme de la représentation. La contemplation des gestes et des attitudes du Christ toujours en mouvement et toujours en relation avec les hommes, nous entraîne sur un chemin de foi. L’artiste a mis toute sa sensibilité tant artistique que religieuse dans cette oeuvre rayonnante d’espérance que le curé Follonier a bénie le 27 mars 1967.
ALBERT BOCHATAY
(1935-2003)

Né à Vernayaz en 1935, Albert Bochatay fait un apprentissage de menuisier-charpentier et suit les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Dans les années 60, il s’adonne à la sculpture. Face à l’esprit contestataire de mai 68, il éprouve l’impérieuse nécessité de s’enraciner dans les exigences de l’artisanat traditionnel. Il s’adonne pendant 25 ans à la création et à la restauration des meubles anciens, témoins d’une civilisation qui avait le sens des valeurs à transmettre. Artiste complet, il passe sans problème du profane au religieux, de la sculpture à la peinture, du dessin à l’huile ou à l’aquarelle.
Vitraux de la nef : Jacques le Chevallier (1896-1987)
Un peu d’histoire :
Pour la consécration de cette église en 1923 on a fait appel à deux peintres-verriers avantageusement connus en Valais M. Bessac de Grenoble et M Mourillon de Bar-le-Duc qui ont créé des vitraux dans le style de l’époque. Au fil des ans l’édifice prend de l’âge et l’on songe à sa restauration. L’amortissement de la dette oblige à se limiter à la pose du vitrail de Ste-Thérèse en 1936, actuellement au-dessus de la porte d’entrée de la cure, et à préparer la population à faire davantage pour Dieu et l’église.
On se tourne vers Jacques le Chevallier, un des acteurs majeurs du renouveau du vitrail au XXe siècle, qui était venu en Suisse pour observer les travaux de décoration d’églises des artistes Cingria et Severini. Défenseur de la modernité et convaincu que l’art n’a pas sa juste place dans la société moderne, il fonde le Centre d’Art Sacré en 1948 et joue un rôle prépondérant dans l’évolution de l’Art Sacré.
En 1949 on supprime les 5 vitraux côté sud en prenant soin de récupérer les plombs et on pose ceux du peintre-verrier Jacques le Chevallier. Faute de moyens, l’achèvement des 5 autres est reporté, d’entente avec le Chanoine Bessero, à des jours meilleurs qui arriveront en 1961 suite à la rénovation mais dans un style tout différent.
Ces vitraux illustrent essentiellement les mystères de l’incarnation et de la rédemption mais chacun a la valeur d’une véritable création. En suivant l’ordre des stations du chemin de croix, on découvre successivement les 4 premiers mystères joyeux explicités par une parole d’évangile et les six vitraux suivants se réfèrent à la mort et résurrection du Christ.
– L’Annonciation : L’Esprit saint viendra sur vous et la vertu du très haut vous couvrira de son ombre.
– La Visitation : Mon âme glorifie le Sauveur et mon Esprit tressaille d’allégresse en Dieu mon Sauveur.
– La Nativité : Vous êtes bienheureuse ô Vierge Mère qui avez porté le Créateur de l’univers.
– La Présentation au Temple : Lumière qui doit dissiper les ténèbres des nations, illustrer Israël votre Peuple.
– L’agonie à Gethsémani : Père, éloignez de moi ce Calice, cependant non pas ma volonté, mais la vôtre,
– Le reniement de Pierre : Faites que nous soyons délivrés de nos péchés.
– La Résurrection : Je suis ressuscité et je suis encore avec vous.
– Les Disciples d’Emmaüs : Et ils le reconnurent à la fraction du pain.
– La descente du st-Esprit sur la Vierge Marie et les apôtres : Accordez à vos fidèles les 7 dons de votre grâce.
– Le couronnement de la Vierge : Réjouissez-vous car elle règne à jamais avec le Christ.
L’agonie à Gethsémani
3. Le Choeur
Le long tapis bleu dans l’allée centrale oriente le regard vers les vitraux du chœur et plus précisément vers les deux porte-lumière au-delà de l’autel qui évoquent les colonnes de feu et de nuée qui éclairaient les Hébreux lors de la traversée de la Mer Rouge. De même qu’il éclairait son peuple en marche depuis la nuée lumineuse, le Seigneur est pour nous aujourd’hui la Lumière de Vie, signe de la manifestation glorieuse de Dieu.
Le chœur a été surélevé à hauteur de 2 marches qui reproduisent les lignes brisées du fond et donnent accès à l’espace sacré de célébration qui acquiert ainsi une forme octogonale certes irrégulière mais néanmoins riche de sens si l’on admet que le chiffre huit est un symbole de la résurrection et évoque l’éternité qui entre dans notre temps, l’irruption de la vie divine dans la vie terrestre.
Le mobilier liturgique
L’ensemble du mobilier liturgique résulte d’une ingénieuse solution de continuité lors de la rénovation en 2008. La table de l’autel surdimensionnée a été ramenée à des dimensions plus modestes pour établir le meilleur rapport entre la nef et le chœur, entre les fidèles et le célébrant en mettant en évidence les lieux de célébration. A partir de ces éléments découpés et des 2 autels latéraux qui n’avaient plus leur raison d’être, Jean-Pierre Coutaz a fait tailler l’ambon, le pupitre présidentiel et les deux colonnes dans le chœur ainsi que les supports des statues de la Vierge et des saints Pierre et Paul dans la nef. Cette parfaite homogénéité du mobilier liturgique en belle unité avec le carrelage du sol en grès d’Italie HPR8 Pietra Regia répond à l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis de Benoît XVI qui insiste sur l’unité des éléments constitutifs du chœur. C’est ainsi que peut s’établir un dialogue entre la Jérusalem terrestre et la Jérusalem céleste, entre l’humain et le divin, car la Beauté nous élève, nous transforme et nous conduit à Dieu.
La dédicace de l’Autel
Au cours de la messe d’inauguration le 19 oct 2008 l’Abbé de St-Maurice Monseigneur Joseph Roduit a procédé au rite de la dédicace de l’autel « pour qu’il devienne un signe visible du mystère du Christ qui s’est offert à son Père pour la vie du monde et le lieu où s’accompliront les plus grands mystères du salut. »
Après avoir béni ce nouvel autel où sont déposées des reliques des saints, signes visibles du corps mystique, il a répandu le saint-chrême au milieu et aux quatre angle, emplacements marqués d’une croix, symboles des cinq plaies du Christ et prononcé la Prière de dédicace.
L’onction de l’autel avec le Saint Chrême
L’encensement de l’autel
La prière de la dédicace
Prière de dédicace
Nous t’exaltons, Seigneur, et nous te bénissons, toi qui as voulu, dans un admirable dessein de ton amour, que le mystère de cet autel, préfiguré jadis de diverses manières, trouve son accomplissement dans le Christ.
En effet, après le déluge, Noé, cet autre père du genre humain, t’érigea un autel pour t’offrir un sacrifice ; tu l’acceptas, Père très saint, comme un parfum d’agréable odeur et tu renouas avec les hommes ton alliance d’amour.
Abraham notre père dans la foi, obéissant de tout son cœur à ta parole, te dressa lui aussi un autel, car il ne te refusait pas Isaac, son fils bien-aimé. Moïse, à son tour, le médiateur de l’ancienne Alliance, te construisit un autel qu’il aspergea du sang d’un agneau, en préfiguration de l’autel de la croix.
Par le mystère de sa Pâque, le Christ a donné à toutes ces figures leur achèvement : à la fois prêtre et victime, en montant sur le bois de la croix, il s’est livré lui-même à toi, Père, comme une offrande pure, pour enlever les péchés du monde entier et sceller avec toi l’Alliance nouvelle et éternelle.
C’est pourquoi nous te supplions, Seigneur : du haut du ciel, répands ta bénédiction sur l’autel qui a été bâti en cette église ; qu’il soit pour toujours consacré au sacrifice du Christ, qu’il soit la table du Seigneur où ton peuple viendra refaire ses forces. Que cet autel soit pour nous le symbole du Christ, car c’est de son côté transpercé qu’il laissa couler l’eau et le sang, source des sacrements de l’Eglise.
Que cet autel soit la table de fête où les convives du Christ afflueront dans la joie :en se déchargeant sur toi, Père, de leurs soucis et de leurs fardeaux, qu’ils reprennent ici courage pour une étape nouvelle.
Que cet autel soit le lieu de la paix et de profonde communion avec toi pour que tes enfants, nourris du corps et du sang de ton Fils, et abreuvés de son Esprit, grandissent dans ton amour. Qu’il soit source d’unité pour l’Eglise et source d’union entre les frères : que tes fidèles rassemblés autour de lui y puisent un esprit de vraie charité.
Qu’il soit le centre de notre louange et de notre action de grâce jusqu’au jour où nous parviendrons, exultant de joie,dans les demeures du ciel, là où nous t’offrirons sans fin le sacrifice de louange avec le Christ, souverain Prêtre et vivant Autel, lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.
Amen
Habillage du choeur
Jean-Baptiste Bochatay a habillé le chœur avec un ensemble de panneaux en bois qui rend l’atmosphère très chaleureuse. A droite de l’autel se trouvent les sièges pour les célébrants. Au dessus du siège présidentiel figure la croix treflée de St-Maurice, en référence à l’appartenance de notre paroisse au territoire abbatial. En face, sont disposés deux sièges pour les servants d’autel ainsi que la crédence, une table destinée à recevoir le calice, le ciboire avec les hosties, le vin et l’eau nécessaires à la célébration.
Ces éléments sont prolongés par des bancs adossés à des panneaux de bois sur lesquels figurent les noms des 12 apôtres avec leurs attributs qui font le plus souvent référence à leur martyre en s’appuyant parfois sur les récits de la Légende dorée.
Le collège apostolique est ainsi rassemblé de chaque côté du Christ. Cette disposition veut signifier d’une part les liens qui rattachent notre église locale à l’Eglise universelle fondée sur les apôtres et d’autre part tout ce que nous devons à la Tradition et à nos prédécesseurs.
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| Crédence | Siège de présidence |
La frise des Apôtres

Pierre, de son vrai nom Simon, est le frère d’André. En le surnommant Pierre, le Christ l’a désigné comme chef de l’Eglise, premier Pape. Il joue un rôle de premier plan et a une vie très active. Il évangélise Rome où il est crucifié la tête en bas. Il est symbolisé par deux clefs, l’une d’or, l’autre d’argent, clés du ciel et de la terre qui symbolisent le pouvoir de lier et de délier que le Christ lui a conféré (Mt 16-19). Elles sont liées ensemble parce que le pouvoir d’ouvrir et de fermer est un. Dans la croyance populaire Pierre est devenu le portier du paradis.

André est le frère de Pierre, disciple de Jean-Baptiste, pêcheur sur le lac de Tibériade. Il devient le premier disciple appelé par Jésus. On lui attribue l’évangélisation de la région de Patras en Grèce. Selon la légende il aurait été martyrisé par crucifixion sur une croix en forme de X, d’où son attribut. Il est le patron des pêcheurs et des cordiers.

Jacques le Majeur est le frère aîné de Jean, fils de Zébédée, pêcheur sur le lac de Galilée. Avec Pierre et Jean, il est témoin de la transfiguration et assiste à l’agonie de Jésus au Mont des Oliviers. C’est le premier apôtre qui a subi le martyre, décapité à Jérusalem sur l’ordre d’Hérode Agrippa. Devant l’absence de témoignages concernant la fin de sa vie sont nées de nombreuses légendes. La plus célèbre en fait l’apôtre qui évangélisa l’Espagne dont il est le patron. Il a été enterré à St-Jacques-de-Compostelle qui devient le troisième centre de pèlerinage après Rome et Jérusalem. Il est symbolisé par la célèbre coquille qui servait de coupe aux pèlerins.

Jean est le plus jeune des apôtres. Il assiste avec Jacques et Pierre à la Transfiguration et est présent à la crucifixion. Il est l’auteur du quatrième évangile, de l’apocalypse et de trois lettres. En tant qu’Évangéliste, dans la tradition du Tétramorphe, il est représenté par un aigle, d’où le surnom « l’aigle de Patmos ». Il est le patron des libraires.
Ici il est symbolisé par une coupe en forme de calice d’où sort un serpent, en référence à la tradition recueillie par le Pseudo-Isidore de Séville : le grand prêtre de Diane à Ephèse aurait essayé de le faire périr en lui donnant boire un breuvage empoisonné par des serpents venimeux.

Philippe, originaire de Béthsaïde, figure parmi les premiers disciples de Jésus. A son instigation Nathanaël se joint aux apôtres. Lors du dernier discours de Jésus, il lui demande de voir le Père. La suite de sa vie tient de la légende. Les païens l’obligent à sacrifier au dieu Mars, mais un dragon tue le prêtre et deux soldats. Pris de pitié, Philippe exorcise le dragon et ressuscite les victimes. Crucifié après avoir été lapidé, on le représente par une simple croix latine pourvue d’une longue hampe par laquelle il exorcisa le dragon.

Barthélemy originaire de Cana en Galilée, est amené à Jésus par Philippe sous le nom de Nathanaël. Jésus l’a vu sous le figuier et le déclare « un véritable Israélite ». Il passe pour avoir évangélisé l’Arabie et la Mésopotamie. Selon la Légende dorée, il aurait été écorché vif, cruciflé et décapité. Son attribut est donc le grand couteau qui a servi son supplice. Il est le patron des bouchers, des tanneurs et des relieurs.

Matthieu, surnommé Lévi, fils d’Alphée, exerce le métier de collecteur d’impôts à Capharnaüm avant l’appel de Jésus (Mc 2,14). La tradition en fait l’évangélisateur de l’Ethiopie où il aurait été martyrisé. En tant qu’évangéliste, il a pour symbole un homme ailé parce que son Evangile commence par la généalogie de Jésus.
En considération de son métier de publicain, il est le patron des changeurs, des percepteurs d’impôts, des péagers, des douaniers et des comptables. Il est symbolisé ici par une bourse.

Thomas, d’un caractère réaliste, fait preuve de scepticisme, ne croyant à la résurrection du Christ qu’après avoir touché les plaies du ressuscité. Son incrédulité lui a valu d’être le patron des juges, mais aussi des architectes, des maçons, des arpenteurs, des charpentiers et des tailleurs de pierres. Selon la Légende dorée, il aurait été invité par un envoyé du roi des Indes pour lui construire un palais. Au lieu du palais promis, l’apôtre lui annonce qu’il a conçu pour lui un palais céleste et distribue l’argent aux pauvres. En référence à sa profession légendaire d’architecte, on le représente par une équerre.

Jacques, surnommé le Mineur pour être distingué de son homonyme Jacques le Majeur dont il n’est pas parent. La tradition en fait un cousin germain du Christ. On l’appelle aussi « le Juste » en référence à sa stricte observance de la Loi juive et de sa foi en Dieu. Après le départ de Pierre à Rome, il devient le chef des chrétiens de Palestine et à ce titre considéré comme le premier évêque de Jérusalem pendant 32 ans. Il est symbolisé par un bâton en forme de massue avec lequel on lui fracassa le crâne après l’avoir précipité du pinacle du temple de Jérusalem en 62.

Jude, surnommé Thaddée, frère de Jacques le Mineur est invoqué comme patron des causes désespérées.
Pendant le dernier repas, au soir du Jeudi Saint, il demande à Jésus: » Seigneur, pourquoi dois-tu te manifester à nous, et non pas au monde ? ». Jésus lui fit cette révélation magnifique, qui éclaire notre route de baptisés chaque jour de notre vie appelée à la sainteté : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole, mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, et nous y ferons notre demeure » (Jean 14, 22-23).
Après la Pentecôte, Jude aurait évangélisé la Mésopotamie et la Libye, puis il aurait versé son sang pour le Christ en Perse, comme Simon le Zélote. Son attribut est une hallebarde, instrument de son martyre.

Simon appelé le Zélote ou le Cananéen est originaire de Cana. On ne sait rien de précis sur sa vie. Des traditions situent son activité missionnaire en Egypte. Il aurait ensuite rejoint l’apôtre Jude en Perse. Ces deux apôtres sont souvent associés dans l’iconographie, comme ils le sont dans les évangiles. Selon la légende dorée il aurait été coupé en deux, comme le prophète Isaïe, à l’aide d’une scie qui devient son attribut spécifique à partir du XVe siècle.

Matthias fait partie des 72 disciples de Jésus et l’accompagne depuis son baptême par Jean au Jourdain tout au long de sa vie publique. Après l’Ascension, il a été désigné par tirage au sort pour reconstituer le collège des douze en remplacement de Judas. Après avoir évangélisé la Judée, il a subi le martyre : il a été lapidé puis décapité d’un coup de hache devant le Temple de Jérusalem. A cause de la hache, instrument de son supplice, il est choisi comme patron des charpentiers et des bouchers.
La croix du choeur
Bien au centre, la croix de procession réalisée par le sculpteur Antoine Claraz domine tout cet ensemble. Ce Christ évoque l’art roman avec son côté hiératique et ses grands yeux inexpressifs. Avec ses bras étendus à l’horizontale et la tête droite, il n’apparaît pas comme un Christ souffrant, douloureux ; il présente un aspect accueillant, rayonnant, ressuscitant qui frappe davantage que le fait qu’il est cloué sur la croix. L’artiste joue également avec le matériau, du bronze poli. Etant lui-même d’or, ce Christ n’a pas besoin d’auréole et s’inscrit dans le sens de la résurrection par l’élargissement de la croix vers le ciel. Le schématisme des mains et des pieds se réfère à l’art brut, l’art primitif africain. On est dans le domaine de la symbolique par le matériau et le choix de la forme.
Les vitraux du Choeur, un tableau Eucharistique
Curieusement deux vitraux représentant Abraham et Melkisédek encadrent le vitrail central non figuratif. Cette anomalie résulte des travaux de la modification du chœur et de l’intervention de deux artistes à près de 50 ans de distance, Albert Chavaz en 1960 et Jean-Pierre Coutaz en 2008. Il en résulte un édifiant tableau eucharistique d’une parfaite cohérence artistique et théologique.
L’oeuvre d’Albert Chavaz
Au terme des travaux d’agrandissement, en 1960, le chœur comportait deux vitraux que l’on a allongés de 3 m pour donner du jour. On a supprimé le maître-autel néogothique mais conservé la statue de la Vierge avec le pinacle qui le surmontait et créé une niche pour la mettre en évidence.
Ces vitraux étant composés uniquement de culs de bouteille, on a fait appel à Albert Chavaz pour les habiller. L’artiste a choisi deux scènes préfigurant l’Eucharistie : le sacrifice d’Isaac et Melkisédek en harmonie avec l’esprit du lieu.
A droite, Abraham, mis à l’épreuve, s’apprête à sacrifier son fils unique Isaac. C’est le symbole de Dieu Père livrant son Fils unique Jésus, le symbole de son sacrifice sur la croix et de sa résurrection dont l’Eucharistie fait mémoire.
La scène du sacrifice d’Isaac se lit sous le signe du regard irradiant de Dieu. Chavaz nous donne à voir Abraham présent à la présence de Dieu, plaçant tous ses actes sous son regard dans une attitude d’interrogation responsable. Les yeux grands ouverts d’Isaac semblent questionner notre propre foi en nous renvoyant à celle d’Abraham, tant sa verticalité se confond et se prolonge dans la stature paternelle.
entourant la statue de la Vierge
Abraham s’apprêtant
à sacrifier Isaac
Melkisédek portant une gerbe de froment et un pampre de vigne.
A gauche, Melkisédek, « Roi de Justice, prêtre du Dieu très Haut qui a fait le ciel et la terre » est représenté avec une gerbe de froment et un pampre de vigne, en référence à l’épisode biblique où il offre à Abraham du pain et du raisin, repas partagé entre deux races en signe d’alliance fraternelle. Les Pères de l’Eglise ont très vite considéré cette offrande comme une annonce de l’Eucharistie. Selon la lettre aux Hébreux qui met en relief le sacerdoce unique du Christ, Jésus a été proclamé « Grand Prêtre à la manière de Melkisédek. »
Pour traduire le mystère et la foi sans faille de ces personnages, l’artiste les a taillés dans des formes un peu géométrisées mais subtilement agencées. Les couleurs sombres confèrent à ces hommes de la terre toute leur épaisseur humaine en voie de transfiguration suggérée par quelques couleurs chaudes, essentiellement le rouge, symbole de la vie, du sacrifice, de la foi, de l’amour qui transforme tout.
Le visage du mystérieux de Melkisédek s’efface derrière sa mission sacerdotale, derrière l’intensité de l’or des gerbes de froment, du rouge des grappes et du vert du renouveau de la vie. Dans le blé et le vin, aliments typiques de l’homme, l’univers entier se donne rendez-vous et c’est bien dans cet esprit que le Seigneur nous invite à sa table.
Le sacrifice d’Abel – Détail – Jean-Pierre Coutaz 2008
Les reflets du vitrail se projettent sur le sol vers l’autel
LA CONTRIBUTION DE JEAN-PIERRE COUTAZ EN 2008
Lors de la rénovation en 2008, on a percé un troisième vitrail à l’emplacement de la Vierge afin de privilégier l’éclairage naturel. Ce vitrail existait au départ mais avait été bouché en 1923 pour placer le grand autel néogothique qui a donc été démonté en 1960.
Cela a posé un sérieux défi à l’artiste agaunois Jean-Pierre Coutaz. Contraint de composer avec le contexte historique et liturgique, il a eu la lumineuse inspiration d’évoquer « le Sacrifice d’Abel » mais sur un mode non figuratif par respect de l’œuvre existante dans un savant agencement de 409 pièces ! Symbole du sang du sacrifice et du feu de l’amour, le rouge bien visible dans les deux scènes de Chavaz éclate ici en de multiples flammes qui s’élancent et finissent par s’estomper dans les différents gris. Les rythmes longitudinaux des lignes parallèles constituent une sorte de portée musicale verticale qui vont s’imposer autour des figures de Chavaz en remplacement des culs de bouteille, conférant ainsi à chaque vitrail son propre mouvement ascendant dans une parfaite harmonie. D’autre part les flammèches des opalines, ces verres de couleur laiteuse, dessinent d’élégantes courbes qui entraînent irrésistiblement le regard vers le sommet où elles convergent en laissant pressentir une ouverture sur le cosmos, sur l’infini, sur l’éternité.
Inversement, au gré des heures et au fil des saisons, ces vitraux n’en finissent pas de jouer avec leurs rayons de lumière ; ils projettent patiemment leurs reflets irisés sur les embrasures et jusque sur le sol reliant ainsi le Ciel et la Terre.
Ce jeu de lignes et de couleurs fait passer naturellement des scènes figuratives de Chavaz au monde de l’évocation suggéré par Jean-Pierre Coutaz dans une subtile continuité artistique. D’une parfaite cohérence théologique, cet ensemble nous situe au cœur de l’Histoire du Salut. Son irradiante beauté conduit à une médiation contemplative qui ouvre sur le mystère. Dans un élan d’action de grâces avec la vivante offrande de nos vies, nous pouvons faire nôtre la première prière eucharistique :
« Et comme il t’a plu d’accueillir les présents d’Abel le Juste, le sacrifice de notre père Abraham, et celui que t’offrit Melkisédek, ton grand prêtre, en signe du sacrifice parfait, regarde cette offrande avec amour et dans ta bienveillance accepte-la. »
En 2009 Jean-Pierre Coutaz a harmonisé l’entourage des 2 figures de Chavaz dans une édifiante élévation
4. Orgue et rosaces
Les rosaces de la façade principale
Lors de la rénovation en 1959, la façade principale fissurée a été démolie et la nef prolongée d’une travée et demie, soit de 7 mètres pour répondre aux besoins de places supplémentaires et d’une tribune pour la chorale. Le nouveau porche est surmonté de 3 ouvertures circulaires en verre cathédrale que l’on a vite remplacé par des vitraux en faisant appel à Albert Chavaz en 1960 comme pour les deux vitraux du chœur.
A droite, le baptême de l’eunuque éclaire l’espace du baptistère (voir les infos sous : le baptistère)
Sur la gauche, en montant les escaliers, sainte Cécile nous conduit naturellement à la tribune illuminée par la grande rosace.
Sainte Cécile
Sainte Cécile est la patronne des musiciens, fêtée le 22 novembre. Cette noble romaine née dans une famille chrétienne de sénateurs au 2e siècle a été affreusement martyrisée et exécutée pour avoir refusé d’honorer les divinités romaines. Elle chantait dans son cœur la gloire de Dieu en s’avançant vers son bourreau.
Selon la légende elle aurait prêché et chanté pendant trois jours jusqu’à ce qu’elle meure « à moitié morte et le cou tranché ». On raconte aussi qu’à ses noces déjà, elle chantait à Dieu seul en son cœur pendant que les musiciens jouaient.
Une erreur de traduction a laissé entendre que Cécile était elle-même en train de jouer de l’orgue et cette idée est passée à la postérité. Mais ce n’est qu’au XIVème siècle qu’un orgue a fait son apparition comme symbole iconographique aujourd’hui familier de cette sainte, et les célébrations de sainte Cécile sont devenues essentiellement musicales.
Rosace de la tribune
A la tribune se déploie une majestueuse rosace de 3 m de diamètre, symbole d’unité, d’harmonie cosmique et d’éternité.
Travaillant en symbiose avec l’artisan maître verrier Fleckner de Fribourg, Chavaz s’est adapté à cette technique qui associe intimement la couleur et la lumière. Il se crée ainsi de surprenants effets en fonction de la luminosité, notamment les tonalités d’un bleu merveilleux à la lumière du couchant.
ALBERT CHAVAZ 1907- 1990
Né à Genève en 1907 Albert Chavaz fait ses études au Collège St-Joseph à Thonon. Il commence un apprentissage dans la boulangerie familiale mais passe la majeure partie de son temps à dessiner et à peindre. Ses nombreuses expositions personnelles le font connaître en Suisse comme à l’étranger.
Engagé par Edmond Bille, il participe à la décoration de l’église de Fully en compagnie de P. Monnier. En 1940 il épouse Julie Luyet et s’installe à Savièse où l’architecte cantonal Charles Zimmermann lui construit un atelier, un havre de paix dans lequel il s’impose un horaire de travail soutenu. Il peint avec acharnement et entre dans sa période la plus faste. Son talent, son sens de la vie et de la nature, lui permettent de dégager l’essentiel sans se laisser aller au folklore et au pittoresque. Il fuit les modes, recherche la vérité et n’est l’homme d’aucun système.
Parallèlement à sa peinture, il élabore de nombreuses fresques, peintures murales, vitraux, mosaïques et céramiques, principalement en Valais. Il décède en 1990.
L’art monumental de Chavaz est lié à l’art sacré. Profondément croyant, il fait partie du Groupe de St-Maurice et St-Luc qui s’est constitué à Genève dans les années 1920 avec l’ambition avouée de renouveler le langage de l’art religieux. Après sa dissolution en 1945, Chavaz poursuit en quelque sorte sa mission. Ses interventions vont marquer l’art d’église catholique en Valais.
Il nourrissait sa vie artistique d’une authentique spiritualité. Sa fréquentation de la vie ecclésiale lui conférait une connaissance sûre de l’iconographie chrétienne et de la vie des saints. Chavaz avait le souci de respecter l’esprit du lieu pour que l’œuvre s’intègre à l’ensemble de la conception architecturale et soit au service de l’acte liturgique. Sa soif d’Absolu, sa quête incessante d’un idéal rendait nécessaire une quantité d’études préliminaires. Pour les vitraux, à partir de 1958, Chavaz opère une sorte de concentration de ses moyens picturaux pour aboutir à un modernisme stylisé, aux couleurs lumineuses et subtiles. Le trait est toujours dynamique et vigoureux, la construction solide et harmonieuse.
Vitraux réalisés en Valais : Les Agettes, Chandolin, Chermignon, Crans sur Sierre, Dorénaz, Granges, Grimisuat, Lens, Levron, Montana, Monthey, Savatan, Sion, St-Gingolph, Ste-Croix à Sierre, N-D du Scex, Vercorin, Vernayaz, Vérossaz, Vex.
L’orgue
Construit en 1954 par la manufacture d’orgues Th. Kuhn AG. Männedorf, cet orgue a servi d’instrument provisoire à la cathédrale de Bâle avant d’être généreusement offert à la paroisse de Vernayaz par la famille Joseph Claivaz. Il est composé de deux claviers manuels de 56 notes et d’un pédalier de 30 notes. En 1976 le facteur d’orgue Paul Cartier a ajouté un nouveau jeu. La manufacture Kuhn qui a fêté le 150e anniversaire de sa fondation en 2014 a toujours procédé à son entretien avec une attention toute particulière conformément au contrat établi avec la paroisse en 1972. Presque tous les éléments sont des produits naturels, bois, cuir, étain et plomb, un peu d’acier pour la visserie et pour les ferrements. Grâce aux travaux de maintenance annuelle, aux relevages périodiques et à la connaissance de l’évolution de ces matières au fil du temps, cet orgue connaît une remarquable longévité de vie.
Les révisions complètes, appelées « relevages » ont eu lieu en 1976, 1995 et 2015. Cela implique le contrôle général de tous les éléments en particulier de ceux où l’on n’a pas accès en temps d’utilisation normale ; le démontage complet de l’instrument ; la remise en état des 1064 tuyaux, dont 78 en bois ; le remplacement de pièces en cuir défectueuses. Ainsi 10 soufflets à plis parallèles de commande des coulisses de registres et 6 soufflets cunéiformes pour les accouplements des claviers et du pédalier, ainsi que plusieurs dizaines de membranes en bardane (= en cuir scié) et en baudruche (= vessie de porc) ont été refaits à neuf.
Le facteur d’orgues Louis-François Widmer assure l’entretien de cet instrument depuis 2006, date du départ à la retraite de son prédécesseur M. Paul Cartier.
Cet orgue est passablement mis à contribution. Il est utilisé régulièrement au cours de messes dominicales, des fêtes liturgiques et lors des sépultures, des mariages et des célébrations œcuméniques. Il est évidemment très présent lors des concerts de la Polyphonia. Durant le Concours International d’orgue de St-Maurice, il est ouvert aux candidats pour s’entrainer. Lors du Festival Orgues, Musiques et Cimes les stagiaires participant aux cours ont la possibilité d’y travailler. Dans le cadre de ce festival un Concert a eu lieu le 4 août 2022 :‘’Pastorale Alpine‘’ avec Antoine Auberson au saxophone et Benjamin Righetti à l’orgue. Deux musiciens de renommée internationale !
Au début l’orgue était tenu par Yvette Lagger Barlatey. Actuellement deux organistes, Marie-Marguerite Carron et Marie-Hélène Borgeat, assurent les manifestations .
Voir les données techniques concernant l’orgue de Vernayaz
Cet instrument a été construit par la manufacture d’orgues Th. Kuhn AG. Männedorf en 1954. Cet orgue fut un instrument provisoire de la cathédrale de Bâle, avant d’être offert à la paroisse de Vernayaz par la famille Joseph Claivaz.
Il est composé de 2 claviers manuels de 56 notes, (soit do 1 au sol 5) et d’un pédalier de 30 notes (soit do 1 au fa 3).
Les deux claviers et le pédalier peuvent être accouplés entre eux, ce qui veut dire que l’on peut faire sonner les tuyaux du deuxième clavier sur le premier et les tuyaux des deux claviers ma-nuels sur le pédalier.
Les tuyaux du deuxième clavier se trouvent dans une boîte expressive qui permet à l’organiste de moduler l’intensité sonore en actionnant une pédale qui ouvre ou ferme des « volets d’expres-sion ».
Il compte 15 jeux d’effet (ou familles de tuyaux), mais ne compte que 13 jeux réels. En effet, les tuyaux du registre Bourdon 16′ (pieds) du deuxième clavier, sont les mêmes tuyaux que pour les registres Bourdon 16′ et Bourdon 8′ du pédalier, un artifice technique permet ce transfert des sonorités.
Le plus grand tuyau est visible, il est en bois dans l’angle avant gauche de la façade de l’orgue, mesure environs 2,6 avec une section de 30 cm x 20 cm. Sa fréquence sonore est de 32 herz.
Le plus petit tuyau se trouve dans le jeu de Cymbale 1 1/3’ , 8 mm de longueur pour un dia-mètre intérieur de 2.5 mm, sa fréquence sonore avoisine le 15’000 herz
L’orgue compte au 1er clavier 534 tuyaux, au second clavier 504 tuyaux et 30 tuyaux au pédalier, soit 1064 tuyaux, mais pour un effet de 1124 tuyaux, dont 78 en bois, les autres étant en alliage étain/plomb.
Voici sa composition
| 1er cl. 56 notes | 2ème cl. expressif 56 notes | Pédale 30 notes |
| Principal 8’ | Bourdon 16’ | Soubasse 16’ |
| Rohrflöte 8’ | Gedackt 8’ | * Bourdon 16’ |
| Octave 4’ | Suavial 4’ | * Gedackt 8’ |
| Spitzflöte 4’ | Nachthorn 2’ | |
| Octave 2’ | Sesquialtera 2 2/3’ + 1 3/5’ | |
| Mixture 2’ 4-5 rgs | Zimbel 1 1/3’ 3 rgs |
A / B / TT (2 combinaisons ajustables et une combinaison fixe)
*= transmission
Le nom des registres est suivi d un nombre et d’un apostrophe qui est l’abréviation de pied du roi, mesure d’environ 30 cm. Le nombre indique la longueur en pied du plus grand tuyau du jeu et donc sa tessiture, plus le nombre est grand , plus le jeu est grave.
La majorité des registres ou jeux se trouvent sur un sommier à coulisse avec une traction pure-ment mécanique des notes.
Par contre, le Bourdons 16′ et les 3 registres du pédalier se trouvent sur un sommier pneuma-tique à membranes et pistons
L’organiste dispose encore de deux séries de combinaisons ajustables et d’une combinaison fixe qui lui permettent de préparer à l’avance les mélanges sonores qu’il souhaite utiliser.
Louis-François Widmer
Facteur d’orgues
Champ-Murat 10
1436 Treycovagnes
5. Le clocher
Installation de 4 cloches en 1905 et 1906
Lors de l’inauguration de l’église le 15 décembre 1901, le clocher ne comportait que la petite cloche en provenance de l’ancienne chapelle qui avait été érigée en rectorat en 1884 mais tombait en ruines. Pour financer des cloches dignes de cette nouvelle construction, on a fait appel à des parrains et marraines. La fonderie Paccard à Annecy-le-Vieux en Haute Savoie avait acquis une réputation mondiale en matière de cloches d’église et de carillons en raison de la beauté des formes, de la justesse de leur tonalité, de l’ampleur de leur timbre et de leur harmonie. C’est dans les ateliers de Georges et Francisque Paccard que trois cloches de diamètres différents ont été fondues en 1905 avec inscriptions et mention des donateurs. Le dimanche 9 avril, entourées de leurs parrains et marraines, elles attendaient leur baptême dans le choeur avant d’être montées au beffroi aux côtés de la petite cloche. Assisté de plusieurs membres du clergé, l’évêque de Bethléem, Mgr Paccolat, a procédé à leur bénédiction en présence d’une foule émue et recueillie. En 1906 une quatrième cloche du même atelier mais plus petite remplace celle de l’ancienne chapelle.
LA CLOCHE CHARLES-STEPHANIE
La première, d’un diamètre de 95 cm s’appelle Charles-Stéphanie en l’honneur de son parrain Charles Vouilloz, député, et de sa marraine Stéphanie Gross-Revaz. Albert Blanchoud est signalé comme bienfaiteur.
PARRAIN CHARLES VOUILLOZ DEPUTE MARRAINE STEPHANIE-GROSS REVAZ
BIENFAITEUR BLANCHOUD ALBERT
Elle comporte 4 effigies: la Sainte Croix, saint Bernard de Menthon, saint Maurice et saint Augustin. Elle est gravée de l’inscription latine suivante:
LAUDO DEUM VERUM PLEBEM VOCO CONGREGO CLERUM
DEFUNCTOS PLORO NIMBUM FUGO FESTA DECORO
Je loue le vrai Dieu. J’appelle le peuple. Je rassemble le clergé. Je pleure les défunts. Je chasse les nuages. J’embellis les fêtes.
Cette maxime mentionne les divers usages auxquels les cloches étaient consacrées et traduit bien la conscience qu’on avait de l’importance de leur mission puisqu’elles rythmaient le quotidien et les étapes de la vie des habitants
Saint Maurice
Saint Bernard de Menthon
LAUDO DEUM VERUM PLEBEM VOCO CONGREGO CLERUM
DEFUNCTOS PLORO NIMBUM FUGO FESTA DECORO
LA CLOCHE GREGOIRE EMMA
La deuxième, d’un diamètre de 75 cm s’appelle Grégoire Emma (orthographié Enna). Elle été généreusement offerte par Grégoire Stächlin et Emma Stächlin-Allgeier, propriétaires des usines de carbure de Vernayaz, originaires de Bâle qui en sont les parrain et marraine. Elle comporte 4 effigies: la Sainte Croix, saint François de Sales, saint Joseph et une sainte non identifiée.
GREGOIRE. STACHLIN PARRAIN
EMMA STACHLIN ALLGEIER MARRAINE
Elle porte l’inscription latine suivante:
CHRISTUS VINCIT CHRISTUS REGNAT CHRISTUS IMPERAT
CHRISTUS PLEBEM SUAM AB OMNI MALO DEFENDAT
Le Christ est vainqueur. Le Christ règne. Le Christ commande.
Le Christ défend son peuple de tout mal.
Ce sont les paroles que le pape Sixte Quint (1521-1590) a fait graver sur l’obélisque qui s’élève au milieu de la place de Saint-Pierre, à Rome, pour indiquer que le triomphe de Jésus Christ est toujours actuel et que c’est par l’Eucharistie, en l’Eucharistie qu’il s’accomplit.
LA CLOCHE CLARA FANNY RODOLPHE ERNEST
La troisième, de 63 cm de diamètre s’appelle Clara Fanny Rodolphe Ernest, du nom des 4 enfants du couple Stächlin qui en sont les parrains et marraines.
JE M’APPELLE CLARA-FANNY-RODOLPHE-ERNEST
CLARA ET FANNY STACHLIN MARRAINES
RODOLPHE ET ERNEST STACHLIN PARRAINS
1905
Elle comporte les effigies de la Sainte Croix, de Notre Dame de Lourdes, du Sacré-Cœur et des armoiries comportant ancre, navire, chapeau.
L’inscription est tirée du psaume 150:
LAUDATE DOMINUM IN CIMBALIS BENESONANTIBUS.
Louez le Seigneur sur les cymbales aux belles résonnances.
LA CLOCHE ERNEST ROSINE
La quatrième d’un diamètre de 47 cm s’appelle Ernest Rosine, prénoms de son parrain Ernest Mottier et de sa marraine Rosine Cachat.
Elle porte la date de 1906 et deux effigies: la Sainte Croix et une sainte non identifiée. Pas d’inscription latine.
L’orfèvrerie F. Ponet à Genève a réparé le carillon et fourni un tintement.
JE M’APPELLE ERNEST ROSINE
ERNEST MOTTIER PARRAIN
ROSINE CACHAT MARRAINE
L’orfèvrerie F. Ponet à Genève a réparé le carillon et fourni un tintement.
L’électrification des cloches
Lors de l’agrandissement de l’église en 59-60 l’électrification des cloches est à l’étude. La fonderie Bochud S.A. à Bulle procède à l’installation de divers éléments : réfection des suspensions et des battants des cloches, quatre appareils de mise en volée, un tableau d’alimentation au clocher et un tableau de commande à la sacristie, un carillon sur les quatre cloches avec appareils de tintement, interrupteur-horaire pour la sonnerie automatique des angélus et des messes. L’installation sera fonctionnelle en 1970.
Mais le clocher avec sa charpente menaçait ruine. La flèche en maçonnerie a été remplacée par un matériau innovant, en aluminium anticorodal ; les travaux de pliage des tôles et d’éloxage ont été confiés à l’entreprise Giovanola à Monthey. Grâce à cet alliage léger et résistant cette flèche ne pèse que 220 kg et prend une toute nouvelle silhouette.
Avant
Après
Rénovation 2008
6. L’oratoire de Gueuroz
Rendez-vous sur le site de la commune de vernayaz.

